1°/ L'Autopsie

I°/ L’autopsie :

 

A) Comment l’autopsie aide-t-elle à la résolution d’une enquête ?

 

 

- L’heure de la mort

Lors d’une autopsie, le médecin légiste doit déterminer le plus précisément possible l’heure de la mort de la personne allongée sur sa table, pour que les enquêteurs puissent vérifier les alibis des suspects.

Pour cela, plusieurs techniques existent, et le médecin essaye de toutes les utiliser pour dater, le plus précisément possible, l’heure de la mort, (car ceci n’est pas une science exacte.)

La première chose que fait le médecin légiste pour dater la mort, est de regarder la rigidité cadavérique. En effet, quelques heures après la mort, une contraction musculaire saisit les paupières, la mâchoire et la nuque en premier lieu, puis descend vers les membres inférieurs. Cette rigidité est liée à l’acidité qui augmente dans les tissus  (cette acidité est due à la détérioration du glycogène présent dans les muscles, il y a alors apparition d’une acidose qui fait perdre de la souplesse aux tissus). Les premières rigidités faciales apparaissent au bout de la troisième heure après le décès, et elles vont croissant pendant près de 5 heures. Elles sont donc au maximum à la 8eme heure qui suit le dernier souffle, puis vont décroître doucement pendant 16h. C’est pourquoi le médecin légiste observe les rigidités directement sur la scène de crime plutôt que d’attendre le retour dans son laboratoire.

Ensuite, le médecin légiste prend la température du cadavre et de son environnement le plus vite possible. La vitesse moyenne de refroidissement est d’environ 1°C par heure à une température de 20°C. Mais pour remonter à l’heure de la mort, il faut tenir compte de deux inconnues : la température initiale, supposée normale à 37°C mais qui peut être supérieure en cas d’infection ou d’effort physique intense, et la température extérieure, qui dépend du lieu et de l’heure.

La troisième façon pour les médecins légistes de remonter jusqu’à l’heure de la mort, est d’étudier les lividités, c'est-à-dire le changement de couleur de la peau de la victime.  Quelques minutes après la mort, les vaisseaux sanguins se dilatent, ils perdent leur étanchéité, et le sang s’en échappe alors. Par la force gravitationnelle, il coule au plus bas dans le corps humain. Environ 4 heures après la mort le sang commence à s’accumuler dans les zones les plus basses et où il n’y a aucune pression, comme à la nuque, au bassin, et aux genoux, si le corps est allongé. Au niveau de ces endroits, l’accumulation de sang va provoquer un changement de couleur de la peau, qui va progressivement devenir violacée, en passant d’abord par le rouge. Le médecin légiste va bien examiner ces lividités, pour voir si elles sont mobiles, c'est-à-dire si la couleur de la peau change encore à ces endroits, ce qui veut dire que la mort a eu lieu il y a moins de 14 heures, ou si ces lividités sont fixes, c'est-à-dire que la peau est violette, même aux endroits les plus hauts. Cela signifie que le crime a eu lieu depuis plus de 14 heures.

Tous ces moyens permettent de donner une fourchette d’heures, plus ou moins précise, de l’heure de la mort. En revanche, si la mort remonte à plus de 48h (on le voit grâce à la tache verte de décomposition des organes qui apparaît en premier lieu sur l’abdomen, et qui gagne ensuite tout le corps), alors le médecin légiste va devoir faire appelle à un entomologiste (qui étudie les insectes qui dévore petit à petit les chairs) s’il reste des tissus, ou à une paléoanthropologue s’il ne reste que les os.

 

-        Les circonstances de la mort

Les médecins légistes ont également le devoir de déterminer de quelle façon est morte la victime. Pour cela, ils leur faut ramener le cadavre jusqu’à leur laboratoire car le premier contact ne peut offrir que des pistes.

Une fois à la morgue, le médecin légiste va déshabiller, nettoyer, et passer le corps aux rayons X, pour pouvoir analyser minutieusement la peau de la victime, à la recherche de traces de violence :

·      Les hématomes : ils résultent de chocs, de chute, ou de coups portés à la personne assez violemment pour faire éclater les vaisseaux sanguins. Ils peuvent indiquer si la victime s’est battue, ou a été battue, peu de temps avant sa mort.

·      Les blessures par arme blanche : Elles peuvent être provoquées par un couteau ou n’importe quel objet tranchant. Le médecin légiste observe leur aspect, les mesure, les photographie, et reporte tout cela sur un dessin. La forme de la blessure apportera des indices sur l’objet utilisé. En effet, un couteau de cuisine ne laissera pas la même marque qu’un coutelas à double tranchant. Mais pour savoir si cette blessure a réellement perforé un organe et causé la mort, il faudra attendre l’ouverture du corps.

·      Les blessures par arme à feu : Une balle (impact unique) ne laisse pas la même marque qu’une cartouche de fusil de chasse (mouchetis de plombs). Trois spécificités les distinguent des blessures par armes blanches :

o     Un coup de feu peut se donner à bout portant, mais aussi à distance. Ainsi, selon la présence ou non de traces de poudre autour de la blessure, de brûlures sur la peau, ou de poils calcinés, le légistes évaluera à quelle distance se trouvait l’arme.

o     Un coup de feu peut venir de la gauche, de la droite, d’en haut, d’en bas, etc. Le légiste devra déterminer la direction de la balle, c’est-à-dire découvrir de quel côté se situait l’arme par rapport à la victime.

o     Pour corser le tout, une balle est capable de se déplacer dans le corps selon quelle rencontre un organe mou ou un os. Cela complique quelque peu le travail du médecin légiste qui devra suivre la trajectoire du projectile et savoir si la blessure occasionnée est mortelle ou non.

Si l’examen externe du cadavre ne révèle aucune blessure apparente, le légiste devra ouvrir le corps en quête d’indices, et faire des prélèvements plus importants qu’en temps normal pour découvrir les circonstance de la mort (empoisonnement, hémorragie interne, étouffement, arrêt cardiaque, etc.).

 

B) Comment se déroule une autopsie ?

 

-        L’incision du thorax et de l’abdomen

Une incision longue et profonde est pratiquée du menton jusqu’aux organes génitaux de manière à laisser apparaitre la cage thoracique et la cavité abdominale, qui renferment les organes. Les côtes sont ensuite sectionnées afin que le médecin légiste puisse accéder aux principaux organes : le cœur, les poumons, le foie, la rate, le pancréas, l’estomac, les reins et les intestins.

 

-        L’analyse des organes

Tous les organes sont extraits du corps et pesés. En observant leur aspect général (forme, couleur, etc.), le médecin légiste sait déceler des maladies qui les concernent. De plus, il ne se contente pas de les observer en surface. Chaque organe est disséqué, c'est-à-dire incisé en profondeur afin de vérifier qu’il ne cache pas une pathologie quelconque. Même le gros intestin, long de 7 mètres, est ainsi passé au crible sur toute sa longueur.

 

-        L’ouverture de la boite crânienne

Le cerveau n’échappe pas à l’examen du médecin légiste. Pour accéder au cerveau, pas d’autre choix que de découper le cuir chevelu au scalpel, puis la boite crânienne à l’aide d’une scie électrique à plâtre. Le médecin légiste tire ensuite la peau du crâne et de temps en temps celle du visage comme si il s’agissait d’un vêtement. Le médecin s’intéresse au cerveau, car celui-ci peut révéler des traumatismes non visibles lors de l’examen externe du corps, comme une hémorragie, ou un épanchement de sang qui peut être mortel.

 

-        Les prélèvements pour le laboratoire

Le médecin légiste procède enfin à 4 prélèvements : sang, urine récoltée au niveau de la vessie, contenu gastrique, et mèche de cheveux. Suivant l’origine supposée du décès, il peut y adjoindre d’autres échantillons, comme le contenu de la vésicule biliaire. Ces prélèvements rejoignent le laboratoire de toxicologie pour déceler la présence de substance toxiques (médicaments, drogues, alcool, etc.). Sur demande du procureur, ou du juge d’instruction, les morceaux d’organes seront scrutés au microscope pour déterminer l’état de leurs tissus et cellules. Le légiste doit parfois mener son enquête à une aussi petite échelle pour déterminer la cause du décès, surtout si il s’agit de la mort subite d’un sujet jeune.

 

-        Remettre la victime en l’état

En France, c’est la loi qui oblige les médecins légistes à remettre aux familles un corps décent pour les funérailles. Donc une fois leurs secrets révélés, les organes sont replacés dans leur cavité d’origine. Les ouvertures sont recousues. Et seuls les fils apparents rappellent que la victime a subi un « interrogatoire corporel » aussi poussé.

 

-        Etablir le rapport

Apres quelques heures d’autopsie (2 à 4h en moyenne), le travail du légiste n’est pas achevé. Il doit encore rédiger le certificat de décès et le rapport d’autopsie, et remettre ses conclusions au procureur qui l’a mandaté. Parfois l’autopsie, concluante, révèle sans hésitation la cause et les circonstances du décès. Parfois, malgré le temps passé, le corps reste « muet ».


C) Conclusion :

 

-        Pour l’heure de la mort

De nombreux facteurs hâtent, ralentissent ou arrêtent, suivant les cas, la chronologie des signes de l’évolution cadavérique: la date de la mort ne peut donc être déterminée qu’avec une marge d’erreur non négligeable. Le médecin légiste n’est en aucun capable de dater la mort précisément, et plus la mort remonte à longtemps, plus la fourchette sera large, pouvant aller à plusieurs années s’il ne reste que certains os. Pour dater le plus précisément possible l’heure de la mort, pour une mort « proche », le légiste devra prendre en compte tous les facteurs environnementaux, et ne pourra pas dater précisément la mort si le corps a été changé d’endroit post-mortem.

 

-        Pour les circonstance de la mort et l’autopsie

Là encore, la précision ne sera pas de 100%. Les circonstances de la mort, et les indices relevés lors de l’autopsie dépendront en grande partie des compétences du médecin légiste, et de l’état du corps. Si le légiste fait bien son travail et prend son temps pour analyser tous les indices, ses précisions en seront d’autant plus grandes. Si au contraire, il est pressé par les policiers ou par le temps, il risque de négliger certains indices et passer à côté de pistes non négligeables, pouvant conduire à la non arrestation du bon suspect. De même, si le corps est trop abîmé, certains indices peuvent avoir été détruits, et les causes de la mort resteront inconnues.

 

Commentaires (6)

1. Meredith M 30/05/2014

Bonjour! Je suis actuellement en pleine écriture de mon roman policier et étant très peu amie avec les sciences. Je voulais trouver des renseignements sur les autopsies et le reste des investigations de la PS. Je suis vraiment bien tombée! C'est clair et bien présenté et très instructif.
Merci beaucoup de partager votre travail et de nous en faire profiter de la sorte!

2. clara 29/10/2013

Salut ! Votre site est super bien fait merci je me suis inspiré de la partie sur l'autopsie :) Bon travail

3. Arthur Bergeron (Administrateur) 09/10/2011

Nous avons obtenus 18 et 19/20.

4. riaz 06/10/2011

Quelle note aviez vous obtenue? svp

5. Arthur Bergeron (Administrateur) 23/02/2011

Si je puis me permettre, c'est une manip très bête car très risqué, si les profs font une vérification de votre texte sur internet comme ils font dans mon lycée, notre site apparaitra directement en haut de liste, et vous vous retrouverez avec une bulle comme note. C'est dommage pour la première épreuve du baccalauréat.

6. Mps :) 21/02/2011

Nous avons bêtement copié collé votre site, merci et bonne continuation :D

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

© Copyright http://tpe-inps.e-monsite.com

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site